ppm

Tout le monde le croit, pourquoi pas moi ? Tentative d'analyser mon scepticisme, entre psychologie et conscience.

24 juin 2008

Mes 5 contradictions

EDIT : vacances en Bretagne du samedi 28 au prochain :)

Merci à MissFricadelle pour cette initiation. C'est la première fois pour moi, j'espère qu'elle sera indulgente. Personne ne m'a jamais demandé de faire la chose. Je confesse l'avoir déjà fait tout seul, en cachette, sur le thème "Mes années en 8". Mais tout seul ce n'est pas pareil.

Pour la première fois de ma vie ... j'ai été taggé, et le sujet est gentil : énoncer 5 contradictions qui me caractérisent.

Pourtant, rebelle sans cause, j'ai plutôt envie de digresser, de me demander pourquoi le nombre 5, deux yeux, deux mains, 4 membres ... 5 doigts. Je me demande aussi pourquoi les hommes et les femmes en ont le même nombre. Mais je vais quand même obéir, je ne veux pas qu'on se fâche pour si peu.

1) Je n'ai pas envie d'obéir comme pendant l'enfance, mais j'aimerai qu'on me donne des ordres charmants.

2) Je doute de tout, mais je suis farci de croyances mystiques:
-le big bang est une foutaise créationniste
-l'entropie de l'Univers est constante
-l'homme nait naturellement bon (et la femme naturellement bonne)
-l'économie est un dieu moderne, injuste, aveugle, cruel
-les nouveaux prêtes sont à l'image de ce dieu, en petit
-il faut faire des enfants, et s'en occuper
-la nature a toujours raison
-etc.

3) Je voudrais ne pas trop travailler, mais gagner des sous par un travail honnête.

4) J'aimerai changer le monde, mais je sais que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

5) J'aime faire des plans comme on m'a appris, mais au fond de moi je préfère improviser.

La tradition veut que l'on transmette la patate chaude, je voulais l'envoyer à Tribulanne - la première personne à poster ici - mais Susie l'a déjà fait. Alors tant pis, ce sera la prochaine fois :)

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21 juin 2008

Petit bonheur de Jeudi

Elle est entrée dans ce restaurant où je vais souvent dans ma deuxième vie, comme si elle ne voulait pas déranger, elle est presque restée sur le pas de la porte. Le garçon habituellement underclocké est arrivé rapidement. Elle a demandé un menu à emporter en restant debout. Et elle est ressortie précipitemment. Mes yeux l'ont suivi comme un songe que l'on voit s'éloigner et qui ne reviendra jamais. J'ai eu peur qu'elle ne soit partie, mais elle est bientôt revenue et s'est assise assez près de moi. Elle a choisit la chaise la plus proche de la porte, et j'ai moi-même un goût pour ces places décriées. Elle se lève brusquement et vient vers moi avec une assurance surprenante après la réserve extrème qu'elle avait mise en entrant dans les lieux. Elle me demande un verre d'eau, prétextant qu'elle n'ose pas déranger le serveur alors qu'elle ne mange pas sur place. Elle est naturelle, je lui fait remarquer que les plats à emporter ne sont pas des amis de la planète. Elle sourit, et me parle d'un restaurant voisin qui utilise des assiettes en cartons plutôt que du plastique pour réduire son impact négatif sur la nature. Un moment de folie me fait lui demander pourquoi elle ne mange pas sur place, et elle me répond qu'elle n'aime pas manger seule au restaurant. Je réponds qu'elle n'est plus seule maintenant, et je lui montre maladroitement la place en face de moi. Cette invitation sincère ne la choque pas, elle se lève avec la même spontannéité que lorsqu'elle ma demandé le verre d'eau, et s'installe en face de moi. Mon coeur s'envole, moi aussi je n'aime pas manger seul, même si je lui dit le contraire pour qu'elle ne se sente pas obligée de m'accompagner, le pauvre gars. Elle s'excuse de ne pas avoir ses "appareils auditifs" qui peut-être me feront répéter. Je souris, je trouve ça extrêmement craquant, sait-elle que je voudrais déjà lui répéter ad vitam tout et n'importe quoi pour le plaisir de la regarder ?

Je parle beaucoup, de ma présence ici, de ma double vie, sans retenue, sans la peur de passer pour un mythomane. Elle écoute mes paroles, me fait confiance alors qu'elle ne me connais pas. Je reconnais ce mode de fonctionnement qui est le mien, de faire confiance a priori, de ne pas me vendre, de me donner d'emblée. Se montrer nu est une armure bien plus désarmante que la pire des carapaces. Quand ces yeux se posent dans les miens, j'ai l'impression de la tenir dans mes bras, je rêve de m'imprégner de ses formes, de son odeur. J'ai l'impression qu'elle ménage des moments de relâche pour éviter de me brûler les yeux. Elle a bien raison. Je profite de cette cécité organisée pour m'ennivrer de ses cheveux, de ses mains, je me noie dans son corsage, une fenètre timide sur l'insondable trésor qu'il renferme. Elle commence à parler de sa vocation, des enfants ayant des troubles de personnalité d'origine non médicale, purement psychique. 2/3 sont des enfants du divorce, j'accuse le coup qui n'en est pas un. Elle se situe plus du côté curatif, urgentiste, d'abord aider, et parallèlement se poser les questions sur l'origine du problème. Elle semble pragmatique, efficace, et pourtant si jeune. D'où lui vient cette confiance ? Je l'envie un peu d'être déjà si construite à son âge, j'étais une telle épave. On échange, Alice Miller contre la théorie du système. Je ne connaissais pas, la notion d'ensemble est très puissante, au niveau d'un corps avec ses interractions psychosommatiques, au niveau de la cellule familliale, de la société, cela m'inspire beaucoup. La polémique sur les systèmes qui ne sont jamais complètement fermés ne dure pas longtemps (un relent de mathématiques dont j'ai été gavé). Je parle de mes enfants, de notre famille, de notre couple mort. On parle d'éducation, de l'attitude des parents, de l'école. Je suis un peu surpris de voir autant de réflexion dans une petite fée qui semble juste sortie de l'école.

Un vendeur de roses nous aborde, elle répond non merci avec une rapidité qui me désarme. Je lui fait remarquer que je n'ai pas eu le temps de me ridiculiser. Elle entrouvre la porte de son jardin secret, et distille un sourire pour me garder de fuir : "j'entends des voix" me confie-t-elle. Je la rassure, en disant que cela peut être lié à son problème auditif. Sa beauté, sa spontanéité, sa vivacité me feraient pardonner qu'elle fût une Jeanne D'Arc. J'ai révé que Sarah m'avait confié son prénom pour ancrer dans la réalité ce petit coin de paradis. Elle va commencer une thérapie pour elle même, sans relation avec sa vocation. Je lui fait remarquer sans flaterie qu'elle semble bien finie, mais elle a quelques "petites choses" à éclaircir. Je m'empresse de n'en point demander plus. Je parle de ma thérapie primale, de mes expériences avec des psy, jamais très longues, de mon bon souvenir des ateliers de Filliozat. Elle me dit que peut-être j'ai besoin d'une thérapie à Paris, mais pas içi, je suis très touché de cette remarque qui me dédouane d'une partie de mon fardeau, comme si elle me trouvait mieux quand je suis près d'elle. Sait-elle que le ppm a le coeur si léger ? Je reviens sur mon parcours étudiant, je ne sais plus pourquoi, enfin si, je bande, c'est une explication valable pour ce rajeunissement illusoire mais tellement bienfaisant. Je reste sur mon nuage nantais, son regard s'allume. Elle me dit qu'elle adore Nantes, et qu'elle connait un endroit génial : La Bodega. Elle me parle du lieu, je suis sous hypnose, et je rêve que c'est à côté. Quand elle se tait, je brise le silence béat et lui demande si c'est ouvert ce soir, si elle a envie d'y aller. Elle rit, 200 km à pied, la distance aussi je l'ai oubliée. Je goutte ses sourires, je les mange, ils me taraudent les mirettes jusqu'à l'occiput laissant sur leur passage des neuronnes de boxeur.

Pour la première fois dans ce lieu je n'ai pas fini mon assiette. En sortant on est resté devant le restaurant à poursuivre. Là encore je rêve d'être étudiant, dans cette époque heureuse malgré la misère intérieure, où les portes des lieux nocturnes se fermaient avant la fatigue. J'ai bêtement proposé d'aller boire un verre, elle a tendu sa petite main comme un revolver, je l'ai saisie rapidement de peur qu'elle ne s'envole, et je l'ai gardé autant qu'elle m'a serré. J'avais terriblement envie de l'embrasser. Depuis, moi aussi mes sens me trompent quand je ferme les yeux.

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15 juin 2008

Les marionnettes

Ce spectacle ravit ou déçoit, sans que cela soit lié aux ficelles. La parabole des marionnettes est applicable à tout ce qui se donne au regard : les médias ou nous.

La conscience des ficelles peut amener à les chercher et gâcher le plaisir, ou au contraire aider à en faire abstraction. Le culte de la vérité pourtant oblige les fournisseurs de comédie humaine à les cacher, d'autant plus que les revenus indirects sont important. La croyance dans la Vérité reste la chose la plus importante dans notre société qui vit dans le mirage de la croissance éternelle, cette société affublée de science jusque dans le papier hygiénique, mais incapable de comprendre l'impossibilité de la croissance perpétuelle basée sur des ressources limitées (decroissance.org). L'obsession de l'authentique me fait sourire dans ce monde au service de l'argent où le profit oblitère toute activité humaine. Tout ce qui génère de la richesse est exploité directement ou indirectement, dans le meilleur des cas par ceux qui la créent, mais plus généralement par des entreprises pilotées pas des actionnaires compulsifs. Ces entreprises sont gérées par de grand névrosés, pervers narcissiques ou scientologues, qui exploitent de grands enfants soumis bardés de dipômes garant de leur conditionnement cérébral. Heureusement, il reste des petits Boris Vian. Autrefois, le mensonge des médias n'était que dans le choix éditorial. Le biais était causé par la sélection de 1 sujet pris parmi 1000 - et qui parfois représentait le seul cas sur 1000 dans la classification globale. Cette relative qualité d'information - dans le sens où ce que l'on raconte est vrai - demeure dans la presse écrite, alors que la contre-vérité n'effraie plus la TV et les politiques depuis longtemps. Si vous êtes un jour questionné(e) par une caméra qui vous fait dire des "oui" et des "non" ne soyez pas choqués que le montage permute parfois un "oui" avec un "non", cela fait partie des règles admissibles. Il y a aussi les médias qui ne prennent pas les gens pour des cons, ceux qui utilisent de la grosse ficelle blanche, et qui nous disent que c'est normal, c'est la vie, il faut faire avec, il faut tout avaler, avec la bonne sauce qu'ils nous ont cuisiné - Beurk. Enfin, certains médias cultivent le décallage, et nous gavent de la liberté de quelques "happy few", ou nous expliquent que la liberté existe de choisir entre deux sous-marques. Le décalage calculé confine la liberté dans un périmètre élargi mais toujours sous contrôle. La ligne rouge reste tracée et l'auto-censure annéantira le fou qui sort des clous.

Et nous, quel degré de liberté avons nous sous le regard des autres ? on cache nos ficelles comme si notre propre nature n'avait pas le droit d'exister, de se manifester. Assumons ! il n'y a pas de honte à être mû par des besoins, des envies, des désirs ou leurs contraires. L'excès inverse de montrer sa grosse ficelle à la dame est aussi pitoyable, souvent sans davantage de vérité. Le péché originel est devenu simplement d'être animé, libre. Esclave du sexe, fou de musique tout cela est bien pour notre société qui vend des produits en quantité QSP. Etre libre, ne plus obéir à des comportements programmés, voilà qui devient ingérable pour les maîtres du temple, vous devenez un Jésus, un Coluche, un de ces emmerdeurs que l'on préfère mort. Pour revenir sur le décallage calculé des médias, le foisonnement de vrai faux esprits libres sur les TV n'a d'autre vocation que de noyer dans la masse les nouveaux révisionnistes qui pourraient faire basculer l'ordre établi. Sommes nous des êtres humains ? j'ai parfois l'impression en regardant autour de moi que seuls les enfants pas encore abîmés par le conditionnement éducatif y échappent, et aussi ceux qui jour après jour vident leur poubelle toujours pleine de cette misère éducative. Les danaïdes recouvriront la paix à force de pleurer, enragées de cette vie sans jouissance, de cette tristesse permanente, de cette peur de mourrir tapie dans chaque joie.

Je suis fatigué par une bronchite, les enfants sont atteints depuis quelques jours et me l'ont refilée. Quant à ma femme, pour plagier Voltaire raillant Fréron, que croyez-vous qu'il arriva ? ce fut la bronchite qui creva. Habituellement je consacre la journée aux enfants, piscine, sorties, mais malades rien n'est possible. Les jeux de société n'ont pas non plus de succès, on aurait pu tousser tous ensemble. Ils jouent sur PC et regardent des films comme des petits malades, je pense que leur maladie est liée à mon éloignement, et ils me rejettent un peu en ce moment. Je ne m'accroche pas, je leur ai dit que s'ils m'appellent je viens, c'est bien non ? Je me suis réfugié dans mon studio à l'abris des miasmes, j'écoute les Doors grâce à mon vieux lecteur de K7 exhumé du garage depuis notre séparation. "-Father ? -Yes son - I want to kill you". Le son est amplifié par un vieil ampli Voxson que j'ai réparé il y a quelques années en refaisant partiellement le câblage qui était entièrement soudé à la main sur des barettes à cosses à l'époque (les isolants étaient sulfatés et devenus conducteurs). J'avais également changé une paire de transistors de sortie monté sur support sans soudure (incroyable aujourd'hui, même dans du matériel militaire pourtant voué à la noble tâche de tuer des innocents en surnombre). Les Doors me renvoient dix ans en arrière, à l'époque où on buvait une bouteille de sky tous les soirs avec mon ex keuponne quand elle décrochait de l'héroïne. Je raconte ma vie, pardon, ça me fait plaisir d'éventer mes petits souvenirs.

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01 juin 2008

Le Hollandais volant

Cet opéra ma fasciné quand j'étais plus jeune, et il est revenu à mon esprit après force après l'écriture de Ma rédemption.
Ce message était inspiré à l'évidence par l'amour, mais j'avais soigneusement éludé la rédemption par l'amour. De même j'avais évité dans Echanger mon corps contre un sourire d'aborder le vrai sujet de la petite fille bien élevée. Souvent j'aime ne pas mettre les choses à leur place, je cultive le décalage comme si la découverte venait de l'évitement, ou d'une forme de perversion intellectuelle. En vérité je vous le dit, cette culture est inspirée par le constat effroyable de la perversion sociale, qui me fait rechercher à l'opposé des préjugés l'espoir fou d'échapper à cette humanité malade. Je demande humblement pardon à mes muses de les laisser ainsi insatisfaites, par ce réflexe d'évitement déplacé dans ce contexte, mais qui trahit sûrement l'espoir secret qu'elles me crient "encore". J'ai aussi eu peur de faire mal, ou de décevoir, ce que rétrospectivement je trouve lâche et intéressé de ma part. Curieusement, cette sale manie de faire à côté m'est étrangère quand je fais l'amour. Dans ce domaine, j'écoute simplement les corps et les mots, je ne réfléchis pas, je ne reproduis pas toutes ces horreurs qui se montrent ou se racontent. J'aime jouir les yeux dans les yeux, dans un sexe qui me désire, me capte, me réduit à l'esclavage, et soutire avidement toute ma substance, comme si ma personne était accueillie dans sa totalité au creux de cette intimité. Si ce n'est pas possible ou pas agréable, il est facile de trouver d'autres jeux qui achèvent cette impérieuse virilité à la fin si prévisible : je préfère tout plutôt qu'un sexe offert sans l'envie. Pour ce billet qui ne fut pas promis il n'y aura pas de frustration, et je ferai taire ma peur de toucher le cœur du sujet : la rédemption par l'amour d'un marin maudit condamné à errer dans un océan de solitude.

La malédiction d'avoir tué son amour est naturelle pour ces dieux qui sont amour mais qui punissent comme ils respirent. Cette femme improbable qui donnerait sa vie à un assassin existe-t-elle vraiment ? J'ai peur de je jamais la rencontrer au point que je la vois partout. Un homme qui s'est trompé est mauvais, il faut le fuir pour ne pas être contaminé ou détruit par son mal. Notre société cultive ce sophisme, elle réduit l'éducation à la punition, et récompense la prostitution. J'ai envie de crier que je ne suis pas un monstre, que se tromper est source de sagesse, de connaissance, d'humilité. Je voudrais que cette femme existe et qu'elle me prenne dans ses bras, qu'elle ne pense pas que mes enfants sont une erreur, qu'elle ne me juge pas d'avoir juré et parjuré, qu'elle ne voit pas en moi une planche pourrie déjà hypothéquée par une vie antérieure. Mon erreur me colle à la peau comme les stigmates d'une maladie honteuse qui éloigneraient de moi les femmes vertueuses pour mieux les protéger. J'ai envie de pleurer que je ne suis pas un salaud, j'ai beaucoup souffert pour regarder ma vérité en face, la circonscrire, me soigner. Ma femme reconnait pourtant qu'elle a pris conscience d'être une pute, et que c'est une raison valable pour ne pas continuer sa vie avec moi. Elle estime que me rayer de sa vie (tout en conservant les avantages du mariage) résout son problème. C'est pourtant une victoire à la Pyrrhus de m'évincer pour se persuader qu'elle a une non-sexualité normale.

Je ne conçois pas de séduire une femme sans lui exposer cette malédiction. Beaucoup d'hommes pourtant tentent l'aventure sans scrupules, et recommencent la même erreur, persuadés que leur premier ratage venait de l'autre. Ils trouvent une autre femme prête à échanger son corps contre un sourire, et hop ! Je ne veux pas de ce commerce, je travaille moins pour gagner moins, je suis un décroissant révisionniste, un mécréant qui doute des miracles et des menaces qui pleuvent dru partout dans les médias. Je veux être aimé pour moi-même dans une société qui vend tout même les âmes. C'est pas gagné. Une femme peut-elle aimer cet homme assassin de l'amour, ce traitre qui a démissionné, qui s'est trompé, et qui de surcroit refuse de courir après la queue de Mickey dans le grand manège social confit de putasserie bien habillée. On peut se moquer, dire que je n'étais pas fini quand j'ai dit oui, et que je ne suis peut-être pas beaucoup mieux aujourd'hui. Pourtant, je vois autour de moi tant de misère, je me trouve bien, je n'ai pas honte du chemin parcouru. Est-il suffisant de s'aimer soi-même pour que cette femme que j'attends me trouve aussi bon à aimer ? Je veux le croire.

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23 mai 2008

Quand le corps dit non

Je me faisais une joie d'avoir à nouveau un chez moi, où mon sommeil et mon travail seraient respectés. Nos enfants n'ont jamais entendu un réveil, et cela induit des horaires décalés pour un papa confronté au monde du travail. Je reconnais aussi bien volontiers que la maison était trop petite pour héberger un bureau rempli de matériel. Enfin, très vite nous avons évoqué un logement d'habitation plutôt qu'un local commercial, en prévision d'une séparation préférable pour tout le monde car notre vie sexuelle (amoureuse) s'est arrêtée avec la naissance des enfants.

La veille de la signature du bail, j'ai des symptômes de gastro-entérite virale (je somatise souvent comme ça, et c'est très efficace). Je serre les dents, et surtout les fesses pour me rendre à l'agence, et j'enchaîne avec un premier voyage, puis quelques autres. Ma femme se moque de mon incapacité à déménager le plancher. Le midi je suis exténué, je passe l'après midi au lit et me couche de bonne heure sans manger. Les courbatures très douloureuses m'empêchent de dormir. Le lendemain est semblable, avec les remarques ironiques de ma femme remplacées par des propos beaucoup plus virulents car je ne vais pas assez vite. Elle a aussi été élevée dans le non respect de soi (sacrifice de soi), et même si elle le reconnait, elle n'est par pour autant libérée de ces mécanismes. Elle savait également s'en servir en tant que prof, et je suis encore sensible au procédé même si je me soigne : venant d'elle et en état de fatigue je reste une proie facile.

Le troisième jour je dois faire une démonstration de mon produit pour un nouveau prospect, alors je persiste. Un aller-retour à Paris en voiture, avec un peu de manutention. La fièvre qui a baissé pactise avec les courbatures, et les deux nuits sans sommeil qui me font tourner la tête. Même bouger les yeux me fait mal, et aucune position antalgique ne soulage la douleur dans le dos. Je subis encore, et je termine le parcours. La réponse à la question "pourquoi mon corps me dit non" m'est tombée dessus comme une évidence. Ma petite fée qui a 3 ans, a eu un doigt écrasé dans l'encoignure de la porte (par ma femme heureusement, car je suis moins tendre avec les portes). Elle m'a regardé avec ses grands yeux noyés de larmes, ils imploraient le pardon comme si je l'avais condamnée. Des yeux innocents qui crient "pourquoi moi ?" en me regardant fixement, des yeux de victime remplis de terreur en regardant le bourreau. Elle a pu téter tout son sou : l'allaitement est la plus belle chose du monde en pareille situation. Après avoir écarté la nécessité de l'hôpital je suis sorti de la pièce et j'ai éclaté en sanglots. Je suis resté un moment les yeux dans les mains,  les coudes plantés dans les genoux. Une coulée de mucus qui atteint le coude me ramène à la conscience, je m'essuie, et je retombe encore deux fois. Un énorme fardeau était resté caché là, comme un iceberg sous la surface de ma conscience. C'est pourtant simple à comprendre que je fais du mal aux enfants en partant même "un peu". C'est cela que mon corps refuse de faire alors que mon cœur léger ne rêve que d'amours égoïstes. Le plus grand (7 ans) intègre mieux la chose, et se réjoui même de cette extension de la maison familiale comme d'un espace d'opportunités.

Le soir, mon corps me présente l'addition, sous forme d'un malaise vagal qui pointe son nez. Je sais le gérer, mais j'ai peur de ces images qui m'avaient marquées la première fois. J'avais senti les gouttes de sueur couler le long des bras, et perler au bout des doigts, la gorge sèche, l'air moins fluide que de l'huile. Je me souviens de la panique qui m'avait rapproché du lavabo, la tête sous l'eau froide, les jambes qui s'effondrent, les mains glissantes qui s'agrippent à la faïence lisse, le corps disloqué qui se répand sur le carrelage, liquéfié par un dernier shoot arachnéen de cette vie trop pénible à vivre. Je ne veux pas revivre ça, je mets en pratique une technique simple de récupération apprises en boxe : marcher. Les tissus spongieux de la plante des pieds effectuent un tiers du travail du cœur pendant la marche. Cela fonctionne, et me permet de retrouver des points de vie pour rentrer. Je me couche de bonne heure, perclus de douleurs et sans espoir de trouver le repos. Morphée a pitié, quelques heures, avant de me laisser à nouveau seul dans mon lit plein de sueur à trois heures du matin. Le réveil est heureux et sans douleur, mais le répit est court. Heureusement un rendez-vous pris avec une ostéopathe va me permettre de retrouver le sommeil du juste. Grâce à elle depuis 3 jours : je m'endors comme on éteint la lumière.

------------ message d'origine ---------------
Samedi 17 Mai ! malade, j'ai signé le bail de mon studio tant attendu ce matin, après une nuit blanche parcourue de frissons de fièvre.  J'ai passé presque tout la journée au lit, avec des douleurs cutanées et des suées. Je me faisais une fête de ce nouveau départ, pourquoi suis-je à ce point malade ? Ces douleurs dans le torse et dans la tête ne me lâchent pas. En plus la banque fait des manières sur la caution bancaire. Envie de tout envoyer chier. Trop dur.
Merci 20 Mai : Merci pour votre support. Je répondrais à chaque personne plus tard, et je ferai un billet qui essaie de raconter ce qui m'est arrivé. J'ai encore 38° de fièvre, des courbatures qui m'empêchent de dormir, au cas où le cerveau n'y arriverait pas :) Mon scalp me fait l'effet d'un porte épingle, mes viscères font la grêve. Cela va quand même un peu mieux. Cet après midi je vais voir une ostéopathe pour retrouver mon dos qui depuis Vendredi ressemble à un sac de ciment qui aurait pris l'eau.
Merci encore pour les gentils messages cela me donne du courage, et je me sens mieux.
-------------- commentaires ----------------
J'espère que tu vas mieux. Parfois le corps te fais savois ce que tu te caches à toi-même...
Courage!
Posté par val, 18 mai 2008 à 11:15
Oui Val, même si je suis objectivement bien malade, je ne peux pas ne pas penser que j'ai sommatisé qualque chose.
Cela m'arrache le coeur ce petit déménagement, et pourtant c'est presque la porte à côté, 15mn a pied.
Ma femme a rigolé, en disant que je n'étais pas capable de partir (trop sympa, depuis le temps qu'elle me pousse dehors).
Ce matin cela va mieux, mal au dos, et encore de la fièvre, mais je vais emmener quelques cartons et acheter du rangement.
Posté par ppm00, 18 mai 2008 à 11:28
aprés tout ça
Aprés tout ce que tu vis, c'est franchement normal de ressentir un immense mal-être, je te souhaite plein de courage, et bon emmenagement dans ton studio, à toi de le rendre tout beau, tout joli.
Amicalement
Posté par Claire, 19 mai 2008 à 16:14
Tu es malade, et en plus il n'y a rien de plus crevant qu'un déménagement !
Surtout quand il est assorti d'une séparation comme tu la vis.
Allez, soigne-toi, repars d'un bon pied !
Et dans l'attente de lire tes billets toujours pertinents et profonds...
Posté par Didou, 19 mai 2008 à 17:23
   
Courage !
C'est un mauvais moment à passer mais une fois installé, tout ira pour le mieux.
Une chose dont je suis sûre à 100 % : le meilleur est toujours à venir !
Posté par La Perruche, 19 mai 2008 à 17:55
Il faut...
Il faut passer par ces moments là...ou le corps semble "parler"...
Il faut l'écouter...prendre du temps pour soi...et même si c'est encore difficile regarder devant...
Nos vies sont parfois une succession de plusieurs vies...
Bonne soirée.
Posté par fillebavarde, 19 mai 2008 à 18:58
courage, j'espère que les symptômes vont vite passer et bonne chance dans ton nouveau studio pour ton nouveau départ
Posté par Vérane, 19 mai 2008 à 22:33
Voilà donc la raison de ta disparition de la toile.
Soigne toi bien.
Difficile ce départ comme tous les départs.
Posté par kloelle, 20 mai 2008 à 19:47
les maux pour le dire !
Ben voui, quand l'âme voudrait mais la bouche prend peur, les mots ne sortent pas alors ils sortent quand même comme ils peuvent et... c'est pas bien beau à voir car la liste de vos maux me rappelle la chanson si amusante de Gaston Ouvrard : Je n'suis pas bien portant =>
http://www.paroles.net/chanson/16684.1
Alors plutôt que de pleurer ou de se laisser couler, écoutez-la donc (j'ai pas trouver la version originale hélas !) :
http://www.youtube.com/watch?v=4oX72YqwX68
Posté par Gicerilla, 20 mai 2008 à 21:52
 
Désolée de ne venir que maintenant, j'étais dans le meme état que toi... difficile de réconforter quand on est soi-même déconnecté..
Mais bon,être malade en meme temps que ce déménagement, c'était peut-être un signe... à toi de l'interpreter (moi j'ai une version mais bon ce n'est que moi et je ne suis pas toi)
J'espère de tout coeur que tu vas tout de même un peu mieux et que tu nous donneras vite de tes nouvelles.
Bisous
Posté par Vanille, 21 mai 2008 à 11:25
merciiiiiiii
Claire ==> c'est franchement normal de ressentir un immense mal-être
Merci Claire, j'ai toujours du mal à croire qu'on tombe malade pour une raison précise. Pourtant j'ai un indice énorme que je raconterai bientôt.
Didou ==> rien de plus crevant qu'un déménagement ! Surtout quand il est assorti d'une séparation comme tu la vis.
Et d'ailleurs, le déménagement est resté en plan :) je finirai la semaine prochaine, on ne va pas mourir pour ça. Merci pour le compliment et les encouragements, ça me donne le courage pour écrire un billet "Quand le corps ne veut pas" pas très original comme titre, et dans le vent, mais c'est pas parce que c'est à la mode que c'est nul :)
La Perruche ==> le meilleur est toujours à venir !
Merci pour ton optimisme qui fait plus envie que "c'était mieux avant" ... reste à savoir quand :)
fillebavarde ==> Il faut l'écouter...prendre du temps pour soi...et même si c'est encore difficile regarder devant...
Merci de passer par là. Prendre du temps le jour d'un déménagement n'est pas le plus simple, et cela fait des mois que je suis à l'arrêt sur ma dépression, je pensais fièrement avoir bien nettoyé tout ça, déballé un peu ici :)
Que nenni.
Vérane ==> courage, j'espère que les symptômes vont vite passer et bonne chance dans ton nouveau studio pour ton nouveau départ
Merci pour me laisser ma part de doute, tu es la première qui ne me dit pas que c'est mon corps qui me force à ne pas partir, et que je tombe malade exprès.
Kloelle ==> Voilà donc la raison de ta disparition de la toile. Difficile ce départ comme tous les départs.
Merci, rassure toi, je ne viens plus butiner chez toi par manque de force ou de temps, pas par manque d'envie :) Quant aux départs c'est vrai ça, quelqu'un a un exemple de départ facile ? même en sortant de zonzon ya pas beaucoup de bras dehors...
Gicerilla ==> les maux pour le dire !
Merci, j'espère ne pas faire fuir les charmantes avec votre complément d'information sur mon bulletin de santé :) quoique ... en tout cas la chanson est adorable, et j'en ris.
Vanille ==> J'espère de tout coeur que tu vas tout de même un peu mieux et que tu nous donneras vite de tes nouvelles.
Merci, cela me réconforte beaucoup que tu dises ça ! Tout va mieux, et il me reste une marge de progression ...
Posté par ppm00, 21 mai 2008 à 19:02
Tant mieux, alors...
Posté par val, 22 mai 2008 à 20:42

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12 mai 2008

Ma rédemption

Merci Gicerilla,
Je vous offre ce premier jet, précoce et agréable de ma rédemption. Une sublimation déjà tentée par l'église du sacrifice humain, héritée de ces rites barbares et qui devient une part importante de l'économie. L'économie, cette hydre vide de sens qui nous dévore les tripes ? je la vois plutôt comme une grande communion cannibale ... Mangez c'est mon corps, et pardonnez la tentative si elle vous déçoit, j'y reviendrai avec joie si vous avez l'indulgence de redresser ce qui ne tient pas debout.

La souffrance rachète les péchés, réjouissez-vous dans la souffrance, et cumulez des points bonheur. Le trafic d'indulgence hérité de notre clergé affairiste se répand dans les magasines de psychologie où l'on apprend qu'il faut souffrir pour être heureux, comme il faut souffrir pour être belle. C'est ça : pour survivre ... tu dois mourrir ! Depuis que nous sommes petits on nous serine la même antienne, qu'on est venu sur terre pour souffrir, que l'homme est un loup pour l'homme ... pour les femmes et les enfants on ose pas dire ce qu'il est.
Le bonheur et la beauté viennent de la nature, parmi nous des trafiquants nous les ont volé pour nous les revendre. Mettez-moi tout ça en crèche, puis à l'école, vacciné épilé lavé branlé rasé musclé gavé vidé le tout taxé. Beau résultat que cet enfant amputé de tout incapable de vivre seul, beau client aussi qui va racheter tout ce qu'on lui a volé, sa mère, sa femme, ses enfants, même son bonheur il va devoir le payer si cher que la retraite arrivera avant si la maladie ne l'a pas délivré avant, le pauvre enfant. Pourquoi l'inconscient collectif, comme une nouvelle religion nous pousse à croire, à faire, toutes ces choses contre nature ? autrefois les prêtres et les gourous inventaient des histoires folles où vous deviez assassiner vos propres enfants, aujourd'hui grâce au progrès technique la forme a changé, vos enfants se piquent, se prostituent, subissent de nouvelles maladies ... probablement venues de ces dieux jamais rassasiés, pas des ces blouses blanches si affairées pour nous sauver, du bon travail à temps plein dans une époque où il n'y en a plus, on va pas chier dans la soupe ? Sans anthropomorphisme aucun, la violence subie par l'homme à l'aube de sa vie, se retourne contre lui collectivement dans une grande communion, comme la jeune fille catholique et bien élevée qui vend son cul pour se pomper les veines.
J'insinue que les prêtres assassins sont partout dans le troupeau, à l'œuvre, la plupart sans conscience, comment pourraient-il se regarder ? ils se cooptent, se congratulent, se payent sur la bête ou se dévouent en croyant la sauver, les belles âmes. Il y en a aussi qui se détruisent dans le contre sens, comme Pascal, ce toubib génial qui un soir s'est tué en bagnole, pourtant il était moins bourré que d'habitude. Tous habillent leur myopie de leur plus belle robe, de leur plus belle blouse, et s'affairent à refaire ce qu'ils ont détruit en élevant leur enfants.
Oh bien sûr les dividendes ne sont pas si grossiers pour les actionnaires de la misère que nous sommes tous, même la maison Borniol y met des fleurs. Mais quel degré de conscience a le médecin vaccinaliste ? et le chimiste ? le psychiatre ? l'obstétricien qui découpe des sexes à longueur de journée sans aucune raison scientifique ? Leurs dieux sont contents, les payes tombent, mais comme Ubu Roi ne sont ils pas tous et nous avec assis sur une conscience enterrée ?
Aujourd'hui on vous dit toutes ces choses, et vous les faites. Pourquoi ? Quel bénéfice espérez vous de ces dieux tyranniques ? ta chatte épilée a-t-elle plus de chance de se faire lécher par un poète amoureux ? ton corps vacciné a-t-il si peur de crever du tétanos en touchant le clavier ? as-tu tellement peur de vivre au point d'en crever ? Notre corps pourtant nous souffle qu'il ne faut pas faire toutes ces choses, ce presque temps-plein de servitude alors que l'on peut jouir toute la journée de ne rien faire, à regarder de l'eau couler ... et pas celle du robinet :) Notre corps nous le souffle, et si on ne l'entend pas, il nous le crie avec un cancer ou un cœur qui n'en peut plus de pomper toute cette misère, alors pourquoi continuer de croire ces prêtres malades ? pourquoi communier ? pourquoi toutes ces offrandes et tous ces sacrifices ? parce que la peur nous a été vissée au corps avant même que nous puissions parler, crucifiés dès la venue au monde.
En ce beau moi de Mai quarantenaire d'un avorton consumériste, je vous souhaite une belle journée de glande.

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08 mai 2008

Petit bonheur d'un jour

Si vous trouvez d'où vient ce pont que j'aime, vous gagnez une faveur.

panoramique
Suite au billet de Val, j'ai ajouté une image panoramique_grand. Et pour consoler les autres, un petit bonheur que j'ai rencontré tout près de ce pont (un indice supplémentaire donc). Elles sont arrivées près du bassin rayonnantes de bonheur, avec des sourires à mourir. Je ne cache pas mon plaisir de les regarder. Je m'approche et je m'arrête, elles me regardent le temps de me voir, chacune avec un sourire ineffaçable. Elles rient aux éclats pour des petits riens. Je profite d'un répit pour leur demander si je peux les photographier. Elles se regardent, échangent un sourire et me répondent en chœur un oui qui veut dire vraiment oui. Je leur laisse ma carte, et leur promet de leur envoyer toutes les photos. Je n'avais pas mon vieux Nikon argentique sous la main, mais je suis bienheureux d'avoir eu un petit numérique dans la poche. Je ne sais rien d'elles qui n'ont jamais réclamé leurs photos, mais maintenant je sais que le bonheur existe.
elles

Si vous êtes Elles ... une faveur aussi ! en plus des photos originales bien sûr :)

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04 mai 2008

Un coup de glaive dans l'eau

Le Dimanche matin nous allons souvent à la piscine en compagnie des enfants et de leur mère. Le grand n'a pas pu se réveiller, car il ne fait pas de sieste comme sa fratrie, mais se couche quand même bien après minuit comme c'est l'usage avec ces enfants sauvages mais formidables. Je me retrouve un peu seul, car si je suis les bras puissants préférés pour les jeux terrestres, dans l'eau la mère devient la bouée de sauvetage, juste retour de la situation sur terre.
Je profite des bulles en regardant les filles, afin de donner une suite à mon billet libératoire sur le deuil de la mort de ma vie sexuelle. Je finis par nager dans le vide, et le hasard sincère met devant moi une nageuse. Le lièvre n'est pas trop rapide, et je nage dans son sillage imaginant l'eau plus chaude d'avoir coulé entre ses seins. J'eusse aimé nager nu, c'est tellement plus agréable, cette eau si tiède eût caressé mon sexe avant d'envelopper le mien. A défaut de nature je fais le cacou, sortant de l'eau à la force des bras, et plongeant pour la dépasser au gré des aller-retours. C'est comme ça une petite bite qui cherche un petit trou, c'est pas d'une spiritualité très élevée, heureusement après on se parle avant de faire éventuellement des choses. Bientôt je me lasse de ces plongeons succédanés de la seule crucifixion crédible pour achever mon calvaire, car le plaisir du lièvre est plus long que celui du lapin, elle enchaîne les longueurs, et je dois me plier à son rythme. Je le fais sans me faire violence car elle m'attends voyant que j'ai gaspillé ma puissance dans cette danse nuptiale ridicule. Elle se retourne et nage sur le dos, la brasse bien sûr, lentement, en me regardant  périodiquement dans son sillage pour vérifier que tout va bien. C'est cette petite attention qui m'a fait craquer, je suis tombé amoureux tout de suite, j'ai trouvé ça vraiment très choux de prendre soin de mon état. On se croise aussi à chaque demi-tour, et on se lance nos yeux. Je nage à son rythme, pour me glisser dans ces lames d'eau animées de ses formes et de sa chaleur. Je pénètre avec volupté cette eau qui l'a léchée à l'endroit le plus chaud, et que gouterais bien, cette eau donc, qui peut-être a séjourné au creux de son intimité avant de m'être abandonnée d'un coup de rein, comme le poulpe pervertirait son encre pour attirer sa proie. N'est-ce pas la preuve scientifique que les phéromones résistent au chlore ? Après quelques aller-retours tranquilles la torpille enfin se rapproche d'entre les deux phares qui sortent de l'eau et pointent fièrement. Nous restons côte à côte, comme il arrive parfois, on respire pour récupérer, et aussi pour respirer, on se regarde, j'ai un oeil un peu noir au niveau de la tempe, de ce crochet mal esquivé lors du dernier entrainement de boxe française. Elle le regarde ostensiblement prête à me demander dans quelle situation héroïque cela s'est produit. Mon cœur commence à battre, je ne bande pas, tout le sang va au cerveau pour m'empêcher de parler. Cela me semble interminable, et délicieux en même temps de la laisser continuer, de la laisser faire, de me laisser faire, j'attends qu'elle parle, et je sens que ça vient, je l'encourage par un sourire contre lequel on échangerait son corps.
A cet instant précis ma femme crie mon prénom pour exprimer que la puce est fatiguée, et qu'"on" doit rentrer. Je dois lui apporter la clef de la consigne. Je l'ai maudit une fois de plus, peu importe le compteur est déjà bloqué. Je lui ai donné sa putain de clef de merde, en lui précisant qu'elle m'avait cassé ma baraque. "Oh pardon mon chéri, je ne savais pas, c'est pas grave tu lui dis que tu es en train de te séparer, elle comprendra". Je suis retourné près de la piscine, mais l'oiseau s'était envolé, peut-on rêver de pire épouvantail pour un premier contact ? surtout un mec romantique comme moi qui vous mange des yeux mais timidement, et qui n'a pas baisé depuis quatre longues années. Je suis allé chercher mes affaires, et je l'ai retrouvée dans la douche, le bel oiseau effarouché. Le hasard l'a mise à côté de moi, mais je n'ai pas osé dire le moindre mot tellement je me trouvais con.
On se retrouve au vestiaire, avec ces cabines ouvertes par le dessus, et la mère de mes enfants me balance avec une innocence qui avait l'air sincère pour une fois : "mon chéri, tu as réussi à rattraper ton coup ?". Je lui demande de se taire, agacé par une prémonition qui se réalise lorsque je croise à nouveau le regard de l'oiseau rare en sortant de la cabine, elle sortait d'une cabine presque voisine, et n'a pas pu ne pas entendre. J'ai eu l'air tellement piteux que bizarrement ces yeux ne m'ont pas condamné. Peut-être se dit-elle que je ne mérite pas autant de misère. J'ai aussi trouvé que dans la majorité des couples présents à la piscine, les mecs étaient complètement nuls. Ecoute proche de zéro, manque de respect total pour leur épouse même en public, autorité stérile sur leurs enfants, bref toute la misère du monde en perspective. J'ai encore croisé deux fois son regard en sortant et en quittant le parking. C'est ce qui s'appelle un plan cul dans les ronces. Décidément, il va falloir que je m'organise mieux ...

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30 avril 2008

Le Plaisir de la souris

Sous la pluie j'ai traversé le parc Montsouris, avec mon grand parapluie pour deux. Seul un couple d'amoureux transit me jalousait cette eau. Assise sur ses cuisses elle voit l'ange de la vie. Sous ses cheveux de chat mouillé il pleut aussi, tellement que l'eau pourrait monter. Pourtant il ne regarde pas ses pieds, il voit aussi l'ange de la vie. Inconscience que l'homme amoureux qui pourtant connait l'imminence du Déluge. Je les regarde comme si je n'existais pas, depuis que mon amour est mort. Je ne les envie pas, heureux de vivre comme un épicurien de la Wehrmacht. Je suis vivant, et quand je serais jeune l'amour me reprendra.

Edit 2 Mai 11h : Hier j'étais bien, jardinage avec ce qui me reste de famille, puis seul en compagnie du chat de la maison qui ne parle pas, mais qui sens bien que derrière l'apparence je suis tout mal. Ce matin j'ai pleuré, seul dans ce bureau où je n'arrive plus à travailler depuis des mois, après que ma femme soit passée demander quelque chose. Elle me consulte pour ses projets, je lui demande pourquoi car je ne suis plus dans ses projets depuis des années, et elle répond invariablement "pour les enfants". Peut-être espérais-je secrètement en faire partie ? car si je me répète que je pars, mon éloignement ne fait que me déchirer un peu plus. Est-ce la raison de mon chagrin ? Quand il ne reste qu'un tout petit lambeau de peau, ne vaut-il mieux pas tirer dessus ? Vivement que je sois parti d'ici, je serai fixé. La semaine prochaine si tout va bien.

Edit 3 Mai 14h : Foutrement raison j'aurais de reprendre la barre en main, la dérive sur des blogs charmants enrichit certes mes fantasmes, mais leurs saillies ne comblent pas mes doutes. D'où viennent ces croyances ? et qui fabrique les explications ? Ma démarche intérieure permanente me fait consolider des faisceaux de présomption, et souvent le même esprit s'applique dans beaucoup de domaines, comme si tout était le fruit de la même comédie humaine. Je vais essayer de redonner à mon blog sa raideur initiale, ses doutes pénétrants je l'espère, écartés ces derniers jours par une triste certitude. Il n'y aura pas de consensus car ma langue aime se délier, mais plutôt ce révisionnisme d'antan, noble et universellement souillé par la prostitution éditoriale de la propagande financée.

 

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28 avril 2008

Vive les poils !

A toutes les femmes objets qui se rasent ou s'épilent, souffrez cette ode aux poils de votre corps bien aimé.

Je vous offre une petite synthèse d'un site génial donné par Val. Comme toujours, une découverte n'est pas toujours accessible depuis notre état de conscience. Alors j'ai fait un effort de mise en forme pour vous résumer l'affaire des poils, pour que vous les aimiez autant que moi. Par ailleurs, le chemin de la connaissance est si entravé de gabelous bonimenteurs que votre propre vie pourra vous apparaître une totale absurdité. Ne les écoutez plus !

CONTRE
-dessèche la peau, les poils réagissent au degré d'humidité, ils protègent la peau de la déshydratation en se couchant
-fragilise la peau et favorise les infections, les poils sont une protection contre les objets qui blessent ou brûlent
-empêche la diffusion et/ou la production des phéromones, pubis et aisselles sont des zones d'émission de phéromones sexuelles via les glandes sébacées (à la base du poil) qui jouent un rôle essentiel dans la communication olfactive et dans l'attraction sexuelle. Vous ne sentez rien venir, c'est laborieux ou ennuyeux ? essayez avec les poils, ça marche mieux (testé et approuvé).
-fait mal (cire, laser) blesse (rasoir) ou occasionne des rougeurs, des boutons
-cause des démangeaisons quand les poils repoussent + poils incarnés
-enlaidit : les poils d'origine sont beaux et doux mais les repousses le sont moins
-les poils des aisselles interviennent dans la régulation thermique car l'évaporation est exothermique, et les poils maximisent la surface d'évaporation de la sueur qui sinon coule sur les vêtements
-ce mécanisme naturel sélectionné par l'évolution est le meilleur, comme pour la quasi-totalité des autres soins pour le corps (bo allez, je vous laisse droit au savon, même si le rassoul c'est mieux)
-les poils des jambes se hérissent lorsque l'on a froid pour ralentir la circulation de l'air
-et surtout, les poils augmentent les sensations lors des caresses, moi je les sens bouger un par un...

POUR
-être belle, au naturel la femme n'est pas belle, heureusement qu'il existe tous ces produits vendus par des hommes pour arriver à la rendre baisable (le maquillage aussi)
-être une femme libérée à l'image des films pornos qui se répandent partout sur les bouquet numériques où l'on ne voit que des femmes rasées traitées comme de la viande, est-ce là votre idéal ?
-plaire à son homme qui ne l'a jamais demandé (surtout pas moi), ou à ce futur homme qui sûrement regarde cette TV et veut aussi avoir une petite femme qui correspond à cette image (la pauvre, j'espère qu'elle aura mieux que les humiliations que l'on nous montre, vu que toute autre forme de pornographie est interdite pas la loi). A ce sujet je suis horrifié de constater que les jeunes font leur éducation sexuelle avec ça un jour ou l'autre. J'ai peur pour mes enfants, et nous prendrons soin de les affranchir avant pour qu'ils aient de la sexualité une image belle, et non souillée par cette société aliénée au pouvoir de l'argent (mon petit gars est déjà fana de Lanfeust, c'est son moteur pour la lecture)


RE CONTRE (ben quoi ? thèse / anti-thèse / synthèse)
-en l'absence de poils, la régulation est moins bonne, et accentue la sudation.
-la transpiration n'étant pas fixée elle coule dans les vêtements en fibre synthétique qui puent la mort ou au mieux en coton bio commerce équitable filé sans graisse silicone (c'est autorisé et presque omniprésent en bio, c'est lamentable, même dans les slips de chez Fibris le coton est tissé à la graisse silicone, si un jour j'ai le cancer des couilles, je saurais pourquoi). Et du coup la transpiration qui est bue par les vêtements en pure perte ne refroidit plus les aisselles.
-cette régulation en boucle ouverte est catastrophique, sans parler de la sudation issue du stress qui s'ajoute
-il faut donc ajouter du déodorant et de l'anti-transpirant qui bloque les pores de la peau, et fait d'elle une poubelle. Au secours misère sort de mon corps !


BUSINESS
-des chercheurs de L'Oréal viennent de découvrir que la base du poil abrite aussi des cellules souches embryonnaires servant à la réparation des tissus. Rassurez-vous mesdames, c'est en vente bientôt (grâce à l'esthéticienne qui revend vos chers poils avec au bout la petite glande, ou à des génocides animaux ?)
-les femmes (comme les hommes qui vont bientôt s'épiler) ont une faible estime d'elle-même, toute leur éducation a été orientée pour faire d'elles des bonnes putes (comme les hommes, qui au boulot respectent la hiérarchie même si elle leur demande de tuer, le nazisme n'est pas mort). Le marketing joue sur du velours, et la corde sensible vibre toute seule quand on lui dit une fois de plus qu'elle est nulle et moche, et qu'il est grand temps qu'elle s'occupe d'elle. Et les copines qui ne parlent que ce ça, de peur d'aborder leur vraie misère de vivre , comme si sans cette nouvelle crème elle avait peur du plaisir de n'être aimée que pour elle-même !

SEXE POLITIQUE

-le poil est une manifestation directe et importante de la maturité sexuelle
-l'épilation rend symboliquement la femme mineure et la désexualise
-l'épilation banalise l'image d'un corps désirable de petite fille imberbe, ne banalise-t-elle pas la pédophilie ?
-l'enlever est une dé-érotisation, voir plus haut les phéromones et les caresses
-Les hommes ont toujours cherché a contrôler les femmes. Contraindre leur corps en est un des moyens les plus violent (excision, femmes girafes, pieds réduits, etc.) et l'épilation est une forme de contrôle fasciste. il est d'autant plus efficace que la femme (comme l'homme dans notre belle société aliénante) pratique l'autodiscipline
-la résistance à l'épilation est une lutte féministe pour le droit à disposer de son corps et à en préserver l'intégrité, sans parler de s'amputer de son plaisir

CONCLUSION
Vous l'aurez compris j'aime mes poils et ceux des femmes, au risque d'en avoir un sur la langue, c'est moins grave que dans la soupe. J'aime sentir les poils du pubis faire des froufrous mouillés plutôt que de polir un big-mac de cosmétiques. Il est hors de question que je m'épile, je frissonne à l'idée de ne plus les sentir quand on me caresse (surtout que c'est pas souvent, mais vous le saviez déjà).

Posté par ppm00 à 16:10 - Existentialisme et philanthropie - Commentaires [24] - Permalien [#]



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